
C'est hier que les infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne ont témoigné devant la commission de l'Assemblée Nationale.
Ma participation au processus de leur libération est une expérience qui m'a profondément marquée.
Leur histoire est tout simplement bouleversante.
Le pire, évidemment, en est l'origine, à savoir la contamination par le VIH de 426 enfants .
C'est avec cette atrocité en toile de fond que les soignants ont passé plus de huit ans emprisonnés, innocents, dans les dantesques prisons lybiennes.
Lorsque je me suis rendue à Tripoli, le dénouement était déjà proche.
Chacune des parties y avait en effet un intérêt politique : la Lybie cherchait à asseoir sa rédomption sur la scène internationale, l'Union Européenne voulait démontrer qu'elle savait être efficace et humaine, deux qualités dont ses détracteurs lui reprochent souvent l'absence, et Nicolas, pour sa première action médiatico-diplomatique, voulait tenir l'un de ses engagements de campagne, et surtout, marquer les esprits.
Mon utilité, plus que marginale, dans le processus de libération, s'est donc manifestée par ma contribution à la mise en forme de cette volonté tripartite.
Ma valeur dans ce cadre venait du fait que je bénéficiais à la fois du poids de l'Etat français et de ma relative indépendance, celle-ci dans le sens où je n'avais ni poste officiel ni antécédant diplomatique ; cet équilibre m'a permis d'intervenir sur certains points sensibles, et de faciliter ainsi l'aboutissement à un accord mutuel sans que les différentes parties aient le sentiment d'avoir cédé à un compromis déshonorant.
Encore une fois, j'insiste sur le fait que mon rôle a été très mineur, et je tiens à rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont travaillé sur ce dossier, dans l'ombre, souvent des années durant.
J'ai été très touchée par les hommages appuyés que m'ont rendus les soignants, avec qui nous avions vécu, en peu de temps, une expérience humaine d'une rare intensité ; ils ont eu, hier encore, à l'Assemblée, des mots très généreux à mon égard
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cliquez ici pour lire le compte-rendu du
Monde de leur témoignage devant la commission).
Je réitère, à ce propos, mon entière disponibilité pour témoigner devant la commission d'enquête, bien que je sache que, lancé sur son projet de candidature au poste de Premier secrétaire du PS, Pierre Moscovici en instrumentalise son poste de Président afin de tenter d'apparaître aux yeux des Français comme un opposant crédible à Nicolas.
Je ne saurais conclure ce message sans une triste pensée pour Valentina, Nassia, Kristiana, Valia, Snejana et Ashraf, dont les séquelles ne disparaîtront jamais, et pour leurs familles, ainsi que, évidemment, pour chacun des enfants victimes de ce drame, et ceux qui les entourent.
Note : Je vous rappelle par ailleurs le jeu du vilain petit canard, qui consiste à déceler un message fondé sur une fausse information, que je glisserai, parmi les autres, cette semaine. Pour en savoir plus, cliquez ici.